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le blog de NICOLE DE LYON EN LARGE
soyez imparfaits, libres, et heureux

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Hier, à Dicy, je suis allée visiter un musée extraordinaire. Je prendrais le temps de vous faire découvrir les trésors accumulés sur l'art brut par Alain Bourbonnais, qui a su voir, dénicher,
apprécier tout ce qui était étrange, surprenant, insolite et qui pourtant faisait partie du monde de tous ces artistes.
Aujourd'hui, c'est Pierre Avezard, dit Petit Pierre
je suis allée chercher les textes écrit sur Petit Pierre, sa vie, ses difficultés, son rêve. J'espère que je pourrais aussi vous mettre quelques photos, car je n'ai recours pour celà qu'à
internet, les photos étant interdites. (link)
Le récit est un peu long, mais ce personnage hors du commun le mérite bien.
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LE MANEGE DE PETIT PIERRE (Trésor de l’insolite) |
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Il s’appelle Pierre Avezard, né en 1909, avant terme, handicapé, et ne peut suivre une scolarité normale. A l’âge de 7 ans, on lui confie le métier des innocents : garçon vacher. Sa
famille, surtout sa soeur, l’accompagnera un bout de route mais bientôt il construira sa propre vie en construisant un étonnant manège, pendant 40 ans, traversant l’histoire jusqu’en
1992. |
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Le dimanche après-midi, à la belle saison, ce carrousel enchanteur et divertissant devenait une véritable attraction locale, attirant à chaque fois une foule de spectateurs. |
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De la ferme, on apercevait le manège, avec sa grande tour Eiffel de vingt trois mètres de hauteur ; puis il fallait traverser un pont dont la tôle ondulée faisait un bruit d’enfer, franchir un petit portail et pénétrer dans un espace étroit où des silhouettes, des véhicules étranges étaient suspendus à une grande roue au-dessus des têtes ainsi que des avions accrochés aux rayons d’une immense étoile. Tout à coup, un moteur se mettait en marche ; Petit Pierre, juché au sommet d’une échelle dans une sorte de cabine de pilotage, actionnait des manettes pour enclencher les mécanismes extraordinaires de sa fabuleuse machine enchantée. La magie commençait alors à envahir l’âme de chaque visiteur : le petit monde en fer blanc s’animait en un tourbillon fantastique dans lequel l’imaginaire et la réalité se confondaient à merveille. Des vélos, des camions, des charrettes circulaient dans tous les sens, des avions tournaient dans le ciel, le garde-champêtre se mettait à table, quelques couples tournoyaient dans un bal de campagne, un aérotrain et un téléphérique passaient au-dessus des têtes, des pêcheurs sortaient de gros poissons d’avril, un cycliste tentait de rattraper sans fin un autorail, des animaux de la ferme bougeaient ici et là. |
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Parfois, on s’arrêtait pour lire une pancarte avec des inscriptions écrites d’une calligraphie d’écolier appliqué : « vois le temps comme il passe », « regarde bien les hommes manger. |
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Le manège a été transféré pièce par pièce dans la fabuloserie, il aurait été détruit, pillé par les enfants qui voulaient récupérer les cyclistes, les voitures de pompiers.
Certains mécanismes n'ont malheureusement pas résisté à leur exposition au mauvais temps, pour le moment, il n'a pas été possible d'en faire la réparation.
Nous avons pu profiter d'une démonstration, les danseurs dans une valse qui virevolte, il s'est mis en scène dansant avec son amie la vache. Il y a le buveur qui est une petite vengeance car il le faisait, parfois, cracher de l'eau sur les visiteurs. Une boite de sardines en guise de sébille réclamait quelques pièces pour acheter la peinture, la seule fourniture qu'il ne pouvait récupérer. Là aussi, un oubli de piecette et la vache au dessus arrosait les mauvais payeurs.
Tout est ingénieux, astucieux, mécanique.
Si vous êtes près de Joigny, faites un crochet...
Je reviendrais partager d'autres découvertes des allumés de l'art brut
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